Jean Lassalle, un député dé-bor-dé

Jean LassalleJean Lassalle est victime d’une injustice ! Le site NosDéputés.fr établit régulièrement un classement des députés en fonction de leur participation aux travaux dans les commissions et dans l’hémicycle. Et régulièrement, le député de la 4ème circonscription des Pyrénées-Atlantiques figure dans les derniers rangs de la classe. Sur les 12 derniers mois, il a connu 28 semaines d’activité quand les plus assidus de ses collègues en sont à 42 ; il a été présent à 18 réunions de commission quand les meilleurs tournent autour de 120 ; il y est intervenu à 2 reprises part dans l’hémicycle quand 30 le situeraient juste dans la moyenne. Au final, il ne tire son épingle du jeu que pour les interventions courtes, c’est-à-dire celles qui compte au plus 20 mots : là, il se situe dans les 150 premiers.

Mais où est l’injustice là-dedans ? Elle réside dans le fait que NosDéputés.fr ne prend pas en compte dans son classement la participation des parlementaires à tous les comités Théodule qui se créent sur les thèmes les plus divers. Le site de l’Assemblée nationale nous apprend qu’il existe ainsi en son sein pas moins de 105 groupes d’études constitués pour approfondir et suivre des questions spécifiques sur les thèmes les plus divers : sectes, assurances, tourisme, ruralité, villes et banlieues, langues régionales, longévité, prisons, protection des animaux, etc.

Et là, se révèle la soif d’apprendre, de comprendre et d’entreprendre de Jean Lassalle qui, champion hors catégories, est membre de 50 (oui, cinquante) de ces groupes. Pas question ici de les citer tous. Il suffit de se rendre sur le site de l’Assemblée pour y consulter sa fiche individuelle. Pour certains groupes d’études, sa participation semble aller de soi compte tenu des caractéristiques socio-économiques de la circonscription dont il est l’élu. Il fait ainsi partie des groupes « Granit, pierres naturelles, carrières et matériaux de construction », « Aménagement du territoire », « Élevage », « Industrie aéronautique », « Montagne », « Préservation et reconquête de la biodiversité » etc.

Plus surprenantes sont ses adhésions à des groupes d’études comme « Îles anglo-normandes », qui sont très loin de ses Pyrénées natales, ou bien « Arctique, Antarctique et Terres australes et antarctiques françaises », qui en sont encore plus loin, ou encore « Peuple tamoul » ou, enfin « Filière brassicole » (brassicole = relatif à la fabrication et à l’industrie de la bière dont, on le sait, le Béarn est l’un des grands producteurs !) etc.

On comprend mieux alors qu’entre Pôle Nord, Guernesey, Pondichéry et les brasseries béarnaises ( !), il reste peu de temps à Jean Lassalle pour se consacrer à ce qui constitue tout de même l’essentiel du travail d’un député : l’élaboration et le vote de la loi.

Jean Lassalle, député d’Oloron, distribue son argent de poche

Logo_de_l'Assemblée_nationale_françaiseJean Lassalle est un garçon atypique dont l’attitude et le parcours sortent des sentiers battus, au sens propre comme au sens figuré. Conscient de cela, il prend soin de cultiver cette image, que ce soit sur son terroir du Béarn ou au sein de l’Assemblée nationale en sa qualité de député de la circonscription d’Oloron.

Comme tout député de base (les vice-présidents de l’Assemblée et le président ont droit à un traitement de faveur), Jean Lassalle bénéficie d’une enveloppe annuelle de 130 000 € dont il dispose quasi librement pour dispenser le bien autour de lui. Cette enveloppe provient de la « réserve parlementaire ».

« Par la réserve, les parlementaires soutiennent des investissements de proximité décidés par des collectivités locales et des activités menées par des associations », précise le site de l’Assemblée nationale. Depuis l’an dernier, tout citoyen un peu curieux peut savoir comment son député utilise les 130 000 € mis à sa disposition. Il lui suffit pour cela de se rendre sur le site Internet de l’Assemblée nationale.

Jean Lassalle est-il aussi atypique dans la distribution de la part qui lui est dévolue qu’il l’est parfois dans ses postures à l’égard de tel ou tel dossier ? Rendez-vous sur la page qui le concerne. On peut y voir que Jean Lassalle a fait 15 heureux. Député basco-béarnais, il a pris soin de répartir sa manne de façon quasi équitable entre la partie béarnaise (61 000 €) et la partie basque (69 000 €) de sa circonscription.

Son fief de la vallée d’Aspe n’a pas à se plaindre de la générosité de son élu : il lui a distribué un tiers (41 000 €) de sa réserve à Aydius(30 000 € pour un multi-services), Cette-Eygun (8 000 € pour des travaux de voirie), à l’Écomusée de la Vallée d’Aspe (1 000 € pour l’exposition « des femmes de bergers aux femmes bergères ») et à l’association Montan’Aspe (2 000 € pour l’organisation de courses à la montagne). Quant au reste, il a la plupart du temps été consacré au soutien financier d’équipements communaux : des travaux à la mairie de Buzy (10 000 €), la rénovation du Trinquet d’Irissary (20 000 €), le réaménagement de la mairie de Susmiou (10 000 €) etc.

Seule petite fantaisie : Jean Lassalle a attribué 5 000 € au club de rugby de Mauléon pour….. l’achat de maillots. Ce qui fait cher le maillot et semble s’éloigner quelque peu des principes qui devraient présider à la destination de cette réserve parlementaire. Pour le reste, notre député s’est comporté ni plus ni moins comme la plupart de ses collègues : du saupoudrage en prenant soin de privilégier sa terre natale, terre d’élection, la vallée d’Aspe en l’occurrence.