Train Oloron – Pau à 1 €, est-ce bien sérieux ?

Oloron - PauLes quotidiens locaux de ce samedi nous apprennent que l’association Béarn Adour Pyrénées (BAP) soumet à la population une pétition à l’adresse du président du Conseil régional d’Aquitaine. Objectif : réclamer un billet de train Oloron/Pau au tarif unique d’1 € ; davantage de trains sur la ligne ; une voie de croisement à Buzy. BAP justifie ainsi sa démarche : la RN134 entre Oloron et Pau est surchargée et accidentogène ; cette situation génère pollution et perte de temps.

L’initiative de BAP, association composée de socio-professionnels sans doute plus compétents les uns que les autres, est en première analyse séduisante. 1 € le trajet simple contre 7,90 € en tarif plein actuellement, cela ne peut qu’inciter les usagers à préférer le train à la route. Qui ne pourrait adhérer à cette proposition ? Mais où est là-dedans le sérieux de la réflexion ? Sur quelle étude se base-t-elle ?

Quelle est la destination des 17 000 usagers qui, à bord de 12 000 voitures empruntent chaque jour la RN 134 en direction de Pau ou d’Oloron ? Sont-ils en transit ? Se rendent-ils à leur travail ? Vont-ils faire leurs courses dans la capitale du Haut-Béarn ? C’est bien beau de les transporter quasi gratuitement. Mais que deviennent-ils une fois débarqués sur le quai de la gare de Pau ou d’Oloron ? Ils se rendent à pied à leur destination finale ? Ils montent d’improbables navettes ?

Bernard Uthurry, vice-président du Conseil régional d’Aquitaine chargé des transports, et accessoirement élu oloronais, témoigne de bien peu d’enthousiasme devant la proposition de BAP. Il note les surcoûts (aménagements, équipements, fonctionnement) qu’elle engendrerait. Il rappelle aussi qu’aujourd’hui un abonnement annuel sur la ligne Oloron – Pau représente un coût de 1,56 € par trajet.

La pétition de Béarn Adour Pyrénées restera lettre morte. Elle aura au moins eu deux mérites : rappeler les difficultés la route Pau – Oloron et faire parler de l’association. Ce n’est déjà pas si mal quand on se contente d’avancer une fausse bonne idée.