Non, le chocolat Lindt n’est pas le meilleur du monde

Aïe, aïe, aïe. Voici une révélation de nature à vous faire soupçonner de manquer de patriotisme économique dont nous devons faire preuve à l’égard de votre ville. Et pourtant, comme dirait Jean-Jacques Bourdin, les Oloronais ont le droit de savoir. Savoir que le chocolat fabriqué ici n’est pas le meilleur du monde. Et c’est une revue très sérieuse, « 60 millions de consommateurs », qui le prouve dans son numéro 508 d’octobre 2015 à l’issue d’une batterie de tests rigoureux.

Quelle méthodologie le magazine « 60 millions de consommateurs » a-t-il suivi pour parvenir à cette conclusion un peu vexante pour notre chauvinisme local ? 18 chocolats noirs contenant 65 à 75% de cacao ont été soumis à deux types d’analyse.
– d’une part un jury d’experts a évalué en notant de 1 à 9 l’odeur, le goût, la texture en bouche et l’arrière-goût de chacun de ces chocolats ;
– 60 consommateurs réguliers de chocolat noir ont ensuite noté de 0 à 10 leur appréciation de chaque chocolat ainsi que l’aspect, la couleur, l’odeur, le goût, la texture et leur intention de le consommer à nouveau ;
– ont par ailleurs été mesurées la teneur en cadmium des 18 chocolats ainsi que leur teneur en sucres et en lipides.

Deux chocolats Lindt figuraient dans le panel étudié : Lindt 70% noir intense et Lindt 70% noir subtil. Leur classement ? 8ème sur 18 pour le premier. 12ème sur 18 pour le second. Le premier a obtenu une note générale de 15/20. S’il n’est jugé « très bon » sur aucun des critères étudiés, il n’est pas davantage classé « insuffisant » ou « très insuffisant ». Quant au second, avec une note de 13/20, il est jugé « très insuffisant » pour son équilibre nutritionnel comme pour sa teneur en lipides.

Et qui est l’heureux élu ? Le 70% cacao noir de…. Leader Price. Avec une note de 17/20. Et un prix par tablette 50% moins élevé que celui de Lindt. Comme quoi, le plus cher n’est pas forcément le meilleur.

J’entends d’ici la critique. Oui, il s’agit là d’une étude portant sur deux produits, or le catalogue de Lindt compte près de 150 fabrications différentes. Objection recevable. Voilà pourquoi, malgré tout le crédit que je porte à cette étude de « 60 millions de consommateurs », ce n’est pas demain la veille que je cesserai de fréquenter le magasin d’usine Lindt de notre ville.

Tablettes Lindt : qui est le moins cher ? La Boutique Lindt ou Leclerc-Oloron ?

Tablettes Lindt

Un magasin d’usine vend directement du producteur au consommateur. Ce devrait donc être en toute logique à des prix défiant toute concurrence puisqu’il n’y a pas d’intermédiaire. D’un autre côté, une chaîne d’hypermarchés nous fait savoir à coup de millions de dépenses publicitaires qu’elle est la moins chère. À Oloron nous avons l’un et l’autre. Quel est celui dans lequel il est préférable pour son porte-monnaie d’acheter des tablettes de chocolat Lindt ? Lire la suite « Tablettes Lindt : qui est le moins cher ? La Boutique Lindt ou Leclerc-Oloron ? »

Les salariés de chez Lindt ne veulent pas finir chocolat

Chocolaterie LindtCe matin vers 10 heures, en balade du côté de Goès, j’entends au loin pétards et cornes de brume. Les occasions de manifester étant plutôt rares sur Oloron, une seule explication me vient à l’esprit : ça doit venir de chez Lindt, Lindt où les salariés sont en grève depuis près d’une semaine, faute de voir leurs revendications salariales satisfaites.

Vers 11 heures, toujours à pied, je traîne du côté de la chocolaterie. Une dizaine de personnes stationnent devant l’entrée. Certaines jettent des pétards allumés sur les pelouses ou dans les poubelles. À trente mètres de là, le magasin d’usine tourne à plein régime.

Des revendications salariales sont donc à l’origine du conflit. S’il faut en croire les résultats publiés par le groupe en matière de croissance, de bénéfices, de dividendes distribués aux actionnaires, Lindt est une société prospère, très prospère. Les salariés considèrent que les augmentations de salaires qui leur sont proposées par la direction sont loin de représenter la part qu’ils prennent dans cette prospérité par leur travail.

Si l’on réalisait un graphique mettant en perspective toutes ces courbes (croissance, bénéfices, dividendes…. et salaires), on verrait qu’ils ont raison, mille fois raison. Mais ce type de raisonnement doit marcher dans les deux sens : si les trois premières courbes viennent à décroître, il faut qu’il en soit de même pour les salaires. Moralité : si les salariés de Lindt ne veulent pas finir chocolat quand ça va bien, il faut aussi qu’ils acceptent de boire la tasse quand les affaires de l’entreprise se gâtent.