Contournement d’Oloron : c’est mal parti. Quid de la liaison Gabarn-pont Laclau ?

La plateforme en cours
En contrebas du rond-point du Gabarn, chantier toujours en cours

Les propos de Jean-Jacques Lasserre ne laissent guère placer au suspense : le conseil départemental (nouveau nom du conseil général) compte bien se désengager de la réalisation du contournement d’Oloron, sur le financement duquel il s’était pourtant prononcé favorablement à une bonne majorité (31 voix pour, 17 contre et 1 abstention) il y a seulement 4 mois.

Motif invoqué par le président du conseil départemental pour justifier ce retournement de veste : l’incurie de la majorité précédente qui a laissé les finances du département dans un triste état et qui a accepté un plan de financement trop favorable aux finances de lÉtat qui, s’agissant d’une route nationale, aurait dû être le seul contributeur. Mais attention, Monsieur Lasserre tient bien à nous préciser dans le même temps qu’il ne nous fait pas le coup de l’héritage. Une attitude qui prouve que les hypocrites que compte ce département ne résident pas tous en Béarn.

Compte tenu du tour pris par les choses, est-ce que la voie qui démarre du rond-point Borderouge et s’arrête à quelques centaines de mètres du la colline où a été réalisé le rond-point du Gabarn va rester « la route qui ne mène nulle part » ? Les engins de travaux publics continuent pourtant de s’activer dans le secteur.

En haut, le rond-point à atteindre
Le rond-point du Gabarn, c’est en haut de la colline

Un coup d’œil jeté sur Internet dans la rubrique « marchés publics » nous apprend que le conseil général a conclu en février dernier un marché pour 4 500 000 € pour la poursuite des travaux dans le secteur. Reste à savoir si la totalité des remblais nécessaires pour atteindre le haut du Gabarn fait partie du marché. Il paraît peu probable, il serait même irresponsable que cette fraction ne soit pas achevée. Alors, la traversée d’Oloron via la rue Jéliote et le cœur du quartier Notre-Dame sera bientôt évitée.

Mais la liaison Gabarn-pont Laclau n’assure qu’une partie du contournement d’Oloron. Est-il illusoire de voir nos élus locaux (notre maire, nos deux conseillères territoriales, notre président de la CCPO et, pourquoi pas, notre député) faire front commun et ainsi obtenir gain de cause auprès de Jean-Jacques Lasserre ? Oui, c’est illusoire. Mais on peut toujours rêver.

Train Oloron – Pau à 1 €, est-ce bien sérieux ?

Oloron - PauLes quotidiens locaux de ce samedi nous apprennent que l’association Béarn Adour Pyrénées (BAP) soumet à la population une pétition à l’adresse du président du Conseil régional d’Aquitaine. Objectif : réclamer un billet de train Oloron/Pau au tarif unique d’1 € ; davantage de trains sur la ligne ; une voie de croisement à Buzy. BAP justifie ainsi sa démarche : la RN134 entre Oloron et Pau est surchargée et accidentogène ; cette situation génère pollution et perte de temps.

L’initiative de BAP, association composée de socio-professionnels sans doute plus compétents les uns que les autres, est en première analyse séduisante. 1 € le trajet simple contre 7,90 € en tarif plein actuellement, cela ne peut qu’inciter les usagers à préférer le train à la route. Qui ne pourrait adhérer à cette proposition ? Mais où est là-dedans le sérieux de la réflexion ? Sur quelle étude se base-t-elle ?

Quelle est la destination des 17 000 usagers qui, à bord de 12 000 voitures empruntent chaque jour la RN 134 en direction de Pau ou d’Oloron ? Sont-ils en transit ? Se rendent-ils à leur travail ? Vont-ils faire leurs courses dans la capitale du Haut-Béarn ? C’est bien beau de les transporter quasi gratuitement. Mais que deviennent-ils une fois débarqués sur le quai de la gare de Pau ou d’Oloron ? Ils se rendent à pied à leur destination finale ? Ils montent d’improbables navettes ?

Bernard Uthurry, vice-président du Conseil régional d’Aquitaine chargé des transports, et accessoirement élu oloronais, témoigne de bien peu d’enthousiasme devant la proposition de BAP. Il note les surcoûts (aménagements, équipements, fonctionnement) qu’elle engendrerait. Il rappelle aussi qu’aujourd’hui un abonnement annuel sur la ligne Oloron – Pau représente un coût de 1,56 € par trajet.

La pétition de Béarn Adour Pyrénées restera lettre morte. Elle aura au moins eu deux mérites : rappeler les difficultés la route Pau – Oloron et faire parler de l’association. Ce n’est déjà pas si mal quand on se contente d’avancer une fausse bonne idée.